QUELQUES THESES PROGRAMMATIQUES DE BASE

kokkinisfina 

1. Dans le système social capitaliste actuel d’exploitation du travail par le capital, le conflit entre les forces productives et les rapports de production – qui est dû à la contradiction entre le caractère social de la production et l’appropriation individuelle de la richesse produite – grandit de plus en plus provoquant l’intensification des contradictions sociales et un aiguisement de la lutte entre la bourgeoisie et le prolétariat.

2. Le rôle historique progressif du capitalisme repose sur la création du matériel nécessaire et les conditions sociales pour la réalisation d’une société sans classe. Ce rôle a pris fin à l’ère de l’impérialisme, l’ère des crises internationales dévastatrices et des guerres mondiales. Les forces productives rentrent en conflit avec les rapports de production existants et il en résulte que ces rapports se sont transformés de formes de développement des forces productives en leurs entraves. La course endémique du capital pour le maximum de profit a paralysé le développement à venir de l’humanité. Le capitalisme ne peut être progressivement amélioré, ni ne peut être au service de la société. L’ordre du jour historique pose de la manière la plus explicite le dilemme «socialisme ou barbarie» qui ne peut être résolu que par la victoire de la révolution communiste mondiale.

3. La classe ouvrière, c’est-à-dire les travailleurs salariés modernes  qui vivent en vendant leur force de travail et produisent l’ensemble de la richesse sociale, est la classe la plus opprimée et la seule potentiellement révolutionnaire de la société bourgeoise, le moteur futur de la libération communiste de l’humanité. C’est la classe sociale dont l’intérêt objectif est l’abolition du capitalisme. En même temps, dans la mesure où c’est une classe non-possédante, en prenant en main de la société, elle n’établira pas un nouveau système d’exploitation mais ouvrira la voie pour la création d’une société de propriété commune et d’égalité. La classe ouvrière dans son état naturel au sein de la société bourgeoise – vue comme une simple catégorie sociologique sur laquelle est basée le système capitaliste – est une multitude individualisée et, la seule chose qui l’unifie est d’être du matériel humain à exploiter et une masse universellement aliénée qui constitue la classe des esclaves salariés modernes du capital. Cette classe est soit révolutionnaire, soit elle n’est rien. De manière à exercer son rôle révolutionnaire libérateur, elle doit se transformer de sujet d’exploitation en une classe qui combat pour sa libération en brisant toutes les chaînes qui l’entravent et, ainsi, s’abolir elle-même comme classe.

4. L’Etat moderne, quelle que soit la variété des formes de régime, n’est pas une institution neutre, mais une institution politique de la dictature du capital et, donc, un mécanisme de violence organisée, un instrument pour l’oppression de classe qui agit au bénéfice de la bourgeoisie afin d’assurer l’exploitation des masses travailleuses et qui agit comme garant de ses intérêts collectifs. Le pouvoir moderne d’État n’est qu’un comité pour la direction des affaires communes de la bourgeoisie comme un tout. Le caractère de classe de chaque gouvernement qui dirige l’administration de l’État moderne est bourgeois, quel que soit le parti ou les partis qui le forme. Les communistes ne supportent aucune forme de gouvernement bourgeois, y inclus les soit-disant «progressistes» ou les gouvernements de «gauche».

5. Le parlementarisme, c’est-à-dire la démocratie bourgeoise, est la forme démocratique de la dictature du capital. La démocratie bourgeoise est le régime dans lequel la bourgeoisie gouverne avec le consentement formel des classes sociales opprimées. Ce régime spécial de l’État bourgeois est la forme la plus appropriée de domination de la classe dominante car il a montré être le plus fonctionnel puisqu’il maintient le système capitaliste avec le minimum de friction et le maximum de résultats. Pour le prolétariat, il présente l’illusion d’une égalité sociale au travers du vote égal masquant ainsi la réelle inégalité de classe et ainsi il peut intégrer la classe ouvrière dans le système politique ; en particulier quand les partis «socialistes» et «communistes» y prennent part et qu’ils apparaissent comme les défenseurs des intérêts des ouvriers. Pour la bourgeoisie, il présente la plus grande flexibilité car il garantit le pluralisme politique des fractions bourgeoises opposées. Donc, la démocratie bourgeoise que l’idéologie dominante présente délibérément et avec insistance comme la «démocratie en général», est la meilleure défense politique du capitalisme.

Cependant, sous des conditions de contradictions de classe aiguës, la démocratie bourgeoise révèle son rôle réactionnaire comme gardien de l’exploitation capitaliste et adopte des formes plus autocratiques de gouvernement et de répression. Dans les cas où la gouvernance de la bourgeoisie ne peut plus être exécutée par des moyens parlementaires, alors la démocratie bourgeoise laisse la place à la dictature militaire ou au fascisme. La démocratie et la dictature sont deux formes de régime de l’État bourgeois qui se succèdent au pouvoir selon les dynamiques de la lutte de classe. Et cela parce que le seul véritable parti de la bourgeoisie est l’État qui, précisément parce qu’il est le seul garant de sa domination, se précipitera pour le défendre avec l’aide de tout gouvernement ou régime. Ainsi, sans négliger les différences importantes entre les régimes bourgeois, nous sommes sans réserve contre eux. La transformation de la démocratie en dictature est une nécessité pour le système de domination bourgeoise que la classe ouvrière ne peut empêcher. Mais, à la place, ce qui est impératif est le renversement révolutionnaire de l’État bourgeois lui-même. Sinon, comme l’histoire l’a dramatiquement démontré avec l’avènement du fascisme dans la période d’entre-guerre, la classe ouvrière sera la première à être enchaînée par la fraction démocratique de la bourgeoisie pour être à la fin écrasée par le fascisme. Pour cette raison, le vrai dilemme dans de telles situations n’est pas»démocratie ou dictature» mais «capitalisme ou communisme».

6. Le prolétariat ne peut abolir le système de rapports sociaux bourgeois et se libérer de l’exploitation capitaliste sans le renversement révolutionnaire du pouvoir bourgeois, l’écrasement du vieux appareil d’État et l’établissement de son propre pouvoir politique. Pour y arriver, il doit se constituer et agir comme une force de classe indépendante qui défend ses propres intérêts historiques généraux. Les communistes rejettent de manière catégorique toute forme de collaboration de classe et défendent la lutte prolétarienne intransigeante.

7. Du fait de la résistance que la bourgeoisie offrira contre  la perte de sa domination, du changement social qu’il sera nécessaire de mettre en place, du développement qui sera nécessaire pour assurer la prospérité sociale et l’éducation de la société dans des rapports radicalement différents, une période préliminaire de transition est nécessaire durant laquelle la société bourgeoise est transformée en société communiste. Cette période sera celle de la dictature du prolétariat, c’est-à-dire de la domination politique du travail sur les forces du capital, à travers un nouveau type d’État qui, alors qu’un mécanisme d’oppression de classe restera, sera directement gouverné par les ouvriers eux-mêmes et dont l’objectif final ne peut qu’être que la dissolution dans la société au travers de l’abolition progressive des classes. La forme politique de la dictature du prolétariat est la démocratie des ouvriers qui est le gouvernement démocratique le plus avancé et le plus notable basé sur la participation politique active de la vaste majorité de la population travailleuse à la gestion de l’État. Le pouvoir effectif est exercé par les ouvriers eux-mêmes au moyen de délégués élus et révocables qui constituent les organes de pouvoir à la fois au niveau productif et administratif dans lesquels tout citoyen a l’opportunité d’exercer une tâche publique. Cependant, même avec la démocratie la plus large, tant que l’État existe encore il n’y a pas de véritable liberté. La révolution communiste est explicitement antiétatique.

8. Le communisme ou le socialisme n’est rien d’autre qu’une société sans classes, sans exploitation de l’homme par l’homme, sans mécanismes de violence organisée et d’oppression en général, sans l’ensemble des rapports capitalistes qui sont gouvernés par la propriété, la production commerciale, la valeur d’échange, la plus-value, l’argent et le travail salarié. C’est une communauté organique universelle de producteurs librement associés dans laquelle le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous ; chacun contribue à la richesse sociale selon ses capacités et jouit des biens sociaux selon ses besoins et participe directement et activement à la direction collective des affaires communes. Finalement, c’est une société collectiviste nonhiérarchique dans laquelle la collectivité est assortie de l’autonomie personnelle dans des relations de solidarité et d’égalité, apportant la véritable démocratie politique, c’est à-dire l’auto-gouvernement de la société.

9. Le renversement révolutionnaire du système n’est pas une révolte aveugle d’une foule indéterminée. Dans la mesure où il n’est pas un produit spontané des processus économiques et qu’il ne cherche pas à réformer le statu quo, ni à établir un nouveau système d’exploitation, mais qu’il vise à créer une société radicalement nouvelle, c’est un long processus dont la réalisation exige le degré maximum de conscience politique et sociale. Le prolétariat ne peut pas atteindre la conscience de classe révolutionnaire par ses expériences directes. Cette conscience ne peut être acquise et transmise que par une minorité de la classe qui constitue le «parti d’avant-garde de la classe ouvrière». Tout comme la société ne peut être libérée sans la médiation du prolétariat rebelle, la même classe potentiellement révolutionnaire ne peut être libérée sans l’aide de ses éléments les plus avancés. Pour le renversement de l’État bourgeois, le rôle intermédiaire du parti révolutionnaire de classe est nécessaire et indispensable. Cependant, comme démontré par la dégénérescence bureaucratique de la Révolution d’Octobre, le parti communiste ne doit pas gouverner au nom de la classe et ne doit pas se confondre avec l’État.

«Il n’ y a pas de possibilité de libération de la classe ouvrière ou l’établissement d’un nouvel ordre social sauf s’il surgit de la lutte de classe elle-même. A aucun moment et pour aucune raison, le prolétariat ne doit abandonner son rôle dans la lutte. Il ne doit pas déléguer sa mission historique à d’autres ou transmettre son pouvoir à d’autres – même pas à son propre parti politique» (Plate-forme politique du Partito Comunista Internazionalista, 1952 –notre traduction d’aujourd’hui) La libération de la classe ouvrière est la tâche de la classe elle-même.

Le rôle du parti n’est pas de se substituer à la classe mais aucontraire de contribuer de toutes ses forces à ce que la classe ouvrière prenne confiance en ses propres forces. Dans tous les cas, le rôle d’une avant-garde révolutionnaire – qui devrait apprendre de ses erreurs et démontrer qu’elle est bien cela [c’est-à-dire une avant-garde] – est auxiliaire et n’est pas celui de dirigeant. Le travail des révolutionnaires est de montrer la voie que la lutte doit prendre et d’exposer le but final, d’aider au développement de la conscience et de l’organisation des masses ouvrières avec leurs idées et de renforcer leur confiance en leurs propres forces. La conception héritée des révolutions bourgeoises est celle selon laquelle les affaires publiques doivent être régler par l’administration des partis politiques. Une conception révolutionnaire moderne devrait être radicalement différente. Les communistes ne doivent pas constituer un type de parti classique qui cherche à prendre la gouvernance de la société au profit des ouvriers, agissant en leur nom et de droit comme leurs représentants. En réalité, c’est tout le contraire : les ouvriers eux-mêmes doivent se charger de la tâche de transformation sociale et de l’administration de leurs affaires communes.

10. Le but de l’organisation révolutionnaire, comme partie consciente de la classe ouvrière, est de montrer la direction qui doit être prise et de faire ressortir le but que la lutte de classe du prolétariat contre le capital doit adopter, en portant une critique radicale de la société bourgeoise, en supportant les intérêts de la classe ouvrière comme un tout et en contribuant à la transformation de la classe ouvrière en un pouvoir pour le renversement du système capitaliste et pour l’établissement d’une société communiste. Le travail de l’organisation communiste est : a) d’élaborer le programme communiste et de propager les idées révolutionnaires dans les rangs de la classe ouvrière, b) de mener une intervention organisée et unifiée dans les luttes ouvrières de manière à transmettre la conscience communiste, c) de contribuer à l’unité des communistes et à leur formation en un parti communiste international. Du fait de la position dominante de l’idéologie bourgeoise, le parti communiste ne peut jamais organiser une majorité de la classe mais seulement une petite minorité consciente de révolutionnaires. Cependant, l’avantage idéologique qu’a cette minorité vis-à-vis du reste de la société ne la rend en aucune manière le propriétaire de la vérité «absolue», «unique» ou «objective», ni ne lui donne le droit de parler au nom de la classe dont elle n’est qu’une partie ou bien encore de revendiquer le privilège de la représenter.

11. Cette organisation est une union libre de militants qui est formée sur la base de principes idéologiques et de positions programmatiques et qui est fondée sur la conscience politique de ses membres. C’est une collectivité qui est animée par les liens de solidarité, de ferveur et de sincérité. Elle est démocratique pour ce qui est des décisions et des actions et centralisée de manière à assurer l’exécution uniforme de ses décisions. Dans cette organisation, tous peuvent exercer le contrôle et tous peuvent être soumis au contrôle. Son régime interne combine l’unité programmatique et l’action collective avec la discussion démocratique, assurant la liberté complète d’expression de ses membres, créant une atmosphère qui permette l’analyse profonde des questions qui les concernent, de souligner et de résoudre les erreurs.

Cependant, la discussion n’est pas une fin en soi, mais un moyen pour mener à bien le travail politique concret. Son appareil organisationnel ne consiste pas en la stratification de représentants officiels du parti et de cadres professionnels mais d’une division technique du travail qui comprend des tâches et des fonctions alternées réalisées par des volontaires. Cette organisation n’est pas une fin en soi mais un moyen nécessaire pour l’accomplissement d’objectifs spécifiques. Dans la mesure où elle cesse de promouvoir ces objectifs, qu’elle altère son caractère et devient un fétiche, visant seulement qu’à son autopréservation et devenant une clique politique, elle devient inutile et nuisible à la cause révolutionnaire.

12. La révolution prolétarienne est nationale dans sa forme et internationale dans son contenu. Elle– présuppose la lutte internationale de la classe ouvrière dans chaque pays contre sa propre bourgeoisie. Le socialisme ou le communisme ne sont pas construits à une échelle nationale mais seulement à une échelle internationale.

13. Les pays du soit-disant «socialisme existant» n’étaient que des régimes bourgeois totalitaires de capitalisme d’État. Ce système était le résultat de la contre-révolution stalinienne en Union Soviétique qui était due à l’isolement de la révolution en un seul pays, menant ainsi à sa dégénérescence bureaucratique après la fin de la guerre civile et à la transformation du parti bolchévique en un organe de la contre-révolution bourgeoise. Le stalinisme a prouvé être la forme la plus insidieuse d’anti-communisme. Il a prévalu par l’extermination de milliers de révolutionnaires. Il a monstrueusement déformé le marxisme et a mené à des défaites tragiques dans l’histoire du mouvement ouvrier qui ont culminé dans la mobilisation de la classe ouvrière au côté des «alliés» impérialistes démocratiques dans la 2° Guerre mondiale. Et il a grandement contribué à la diffamation du socialisme en l’identifiant avec le capitalisme d’État totalitaire. Ni les anciens, ni les derniers «pays socialistes» n’avaient, et n’ont, d’élément progressif dans leurs rapports sociaux qu’il conviendrait que le prolétariat défende. Tous les pouvoirs politiques de Gauche qui identifient le socialisme avec le capitalisme d’État ou bien à un exercice plus modéré de l’exploitation capitaliste, sont réactionnaires et appartiennent à l’aile gauche du capital. Le parti révolutionnaire de classe ne rentrent pas dans des alliances, même sur des questions temporaires, non seulement avec les partis bourgeois libéraux, mais aussi avec les partis prétendument socialistes ou communistes dont la stratégie est l’administration alternative du capitalisme ou du régime capitaliste d’État.

14. Depuis le début de la 1° Guerre mondiale, les changements radicaux suivant ont eu lieu dans la structure du mouvement ouvrier et dans les tactiques révolutionnaires :

a) L’opportunisme, d’un phénomène secondaire et occasionnel dû à l’influence de la petite-bourgeoisie sur les débuts du mouvement ouvrier et socialiste constituant son aile droite, s’est transformé en un phénomène général, typique et constant occupant l’aile gauche du capital. Il a été un élément constituant et nécessaire de la fonction du système capitaliste pour assurer l’influence bourgeoise sur le prolétariat, agissant au moyen d’une multiplicité de formes idéologiques et politiques qui varient du réformisme ou faux radicalisme et qui est porté par un filet de couche sociale dont les privilèges découlent de leur participation au système capitaliste.

b) Les syndicats, d’organes de classe défendant les besoins directs du prolétariat dans la société bourgeoise, se sont transformés en des institutions bourgeoises d’intégration de la classe ouvrière dans le système capitaliste. Ceci est dû à la véritable nature de cette institution et non du fait d’erreurs ou de trahisons de telle ou telle direction syndicale. Le mécanisme de délégation et de représentation, en lien avec la fonction de médiation et de négociation, est précisément ce qui crée les conditions pour la bureaucratie. Le syndicalisme de par sa nature était «la politique bourgeoise du prolétariat» et, par conséquent, ne peut être transformé en un courant révolutionnaire. Les luttes de la classe ouvrière pour les revendications immédiates, qui ne perdent en aucune façon leur nature inévitable et nécessaire comme forme essentielle de la lutte de classe, rentrent en conflit avec les étroites limites du capitalisme décadent pour concéder des concessions importantes et de moyenterme. Ainsi, est objectivement posé la nécessité de l’autoorganisation de la classe ouvrière en-dehors et contre les syndicats et pour la transformation des luttes économiques en mouvement politique révolutionnaire. Au lieu du slogan conservateur «un salaire journalier juste pour une juste journée de travail» la classe ouvrière devrait inscrire sur sa bannière le mot d’ordre «révolutionnaire» : «Abolition du salariat !».

c) A l’ère de la démocratie impérialiste, le parlement cesse de jouer son rôle de noyau essentiel du système politique bourgeois. Le parlement, d’organe de médiation entre les classes, s’est transformé en un simple organe exécutif dont le rôle est de confirmer des décisions qui proviennent de centres extra-parlementaires qui sont le véritable pouvoir politique. Aujourd’hui, le parlementarisme a pour nos gouvernants une fonction presque exclusivement idéologique consistant à habiller leurs actes d’une robe «démocratique». Pour cette raison, la participation au parlement a cessé depuis longtemps d’être une tactique pour les communistes.

15. A l’ère de l’impérialisme décadent, tous les mouvements de libération national sont réactionnaires car la revendication de la formation d’un État national est historiquement obsolète. Il n’a aucun contenu progressif et il agit comme un agent des classes bourgeoises et comme organe des puissances impérialistes. Aujourd’hui, tous les pays participent au système impérialiste globalisé. Les communistes rejettent la revendication d’auto-détermination nationale, les tactiques de front uni anti-impérialiste, et l’appui aux plus petits États contre les grandes puissances. Ils rejettent complètement la politique d’union nationale et de défense nationale dans toute guerre. Ils défendent le renouveau de la lutte de classe au sein des nations qui mènera à la guerre civile de classe pour le renversement universel du pouvoir des États bourgeois.

16. La défense de la nation et de la patrie n’est que la défense du capitalisme décadent, un système social qui mène l’humanité au chaos, à la guerre et à la barbarie. La nation est la formation historique spécifique qui poursuit une mission sociale particulière : l’établissement d’un État national comme territoire organisée pour la domination économique et politique de la bourgeoisie. La nation est la communauté du capital ; l’État national est l’État bourgeois et la patrie est le territoire de la bourgeoisie. Les communistes sont contre toute forme de patriotisme. Le communisme est la cause commune de tous les travailleurs autour du monde et leur domaine est le monde entier. Le seul «socialisme avec des couleurs nationales» est le capitalisme d’État du national socialisme de Staline et d’Hitler. Nous vivons dans un système capitaliste planétaire avec une classe ouvrière globale. Le mot d’ordre du Manifeste communiste «Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !» n’a jamais été aussi actuel qu’à notre époque.

17. Nous rejetons le terrorisme individuel, l’exercice de la violence par des groupes isolés en général et la réduction de la violence politique elle-même à un fétichisme. Cela ne signifie pas la subordination à la légalité bourgeoise et le culte des illusions pacifistes. La violence de classe est un moyen nécessaire que le prolétariat doit exercer pour mener ses luttes quotidiennes et surtout pour le renversement de la classe bourgeoise d’autant que cette dernière ne va pas quitter volontairement son pouvoir et ses privilèges. C’est une nécessité qui est encore plus aigüe à l’ère de l’impérialisme où le capitalisme augmente l’utilisation de la violence dans le monde au travers de guerres mondiales et d’une multitude de confrontations locales, l’accumulation d’armes de destruction massive et le renforcement répressif de l’appareil d’État. Cependant, l’exercice de la violence prolétarienne ne devrait pas être séparé de l’ensemble du mouvement de classe ou doit contribuer au renforcement de son pouvoir et à l’élévation de sa conscience politique. Le terrorisme individuel veut remplacer le rôle actif des masses en les transformant en spectateur passif d’un conflit entre des groupes individuels et l’appareil d’État. En particulier, dans sa forme moderne, c’est une expression de la décomposition des couches petite-bourgeoises et c’est souvent un organe de conflit entre des puissances bourgeoises.

Athènes, 16 juillet 2012

Camarades Internationalistes

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